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Congrès annuel d’EBC 2016

L’innovation dans la construction
Modélisation des données du bâtiment (BIM) pour les PME

La modélisation des données du bâtiment (BIM) est en train de révolutionner la performance des bâtiments tout au long de leur durée de vie. La technologie BIM n’est pas seulement un logiciel 3D, c’est un procédé qui intègre l’ensemble des informations relatives à un projet de construction depuis sa conception jusqu’à son entretien à la fin des travaux.

Cette année le Congrès annuel d’EBC a mis l’accent sur le potentiel de la modélisation des données du bâtiment pour les PME. Plusieurs aspects de la technologie ont été présentés : ses avancées récentes, les besoins en formation des entrepreneurs de la construction, son inclusion dans les marchés publics, les petits chantiers de rénovation et de réhabilitation.

Le Congrès était intitulé « l’innovation dans la construction : BIM pour les PME » et s’est tenu au Comité Economique et Social Européen (CESE) le 24 Juin.

Consultez le hashtag #EBC_Congress sur Twitter pour retrouver les informations en continu du Congrès

Vous trouverez un bref résumé des discours des intervenants plus bas.

 

 

Le Président de l’EBC, Patrick LIEBUS, a souligné l’importance d’anticiper et se préparer au défi de la technologie BIM, mais également l’opportunité qu’elle représente pour les entrepreneurs de la construction. C’est la raison pour laquelle EBC a organisé son Congrès annuel sur cette thématique. La technologie BIM doit s’adapter à la spécificité des PME, car ce sont elles qui réalisent les constructions. C’est un pré-requis pour que le secteur de la construction bénéficie de ce procédé innovant. Il est également essentiel de sensibiliser les petites entreprises de la construction au BIM et de leur fournir la formation adéquate pour s’y adapter.

Le président du Comité Economique et Social Européen (CESE) Georges DASSIS a souhaité la bienvenue aux participants, et a rappelé que cette institution est la maison de la société civile. Il a indiqué que les données du BIM aident à transformer la manière dont les bâtiments sont conçus, permettant de les rendre plus efficaces tout au long de leur cycle de vie. En particulier, les PME représentent la majorité des entreprises et jouent un rôle décisif pour la qualité et l’expertise des emplois dans le secteur de la construction. M. Dassis a aussi mis en avant le rôle crucial de la construction et de ses PME pour la compétitivité de l’économie européenne.


Gwenole COZIGOU (Directeur de la Transformation industrielle et chaînes de valeur avancées, de la DG GROW de la Commission européenne)
a expliqué que le secteur de la construction est essentiel pour la croissance et l’emploi de l’Union européenne. Ce secteur fait l’objet de plusieurs initiatives récentes de la Commission européenne. Néanmoins, la construction connaît un problème d’image et un déficit de main d’œuvre qualifiée. Il a également mentionné le peu d’échanges transfrontaliers des services de la construction dans le marché intérieur. Par conséquent le secteur doit entrer dans une nouvelle ère. Les outils digitaux comme le BIM offrent cette opportunité. Ils contribuent à construire mieux, de façon plus efficace et à moindre coût. M. COZIGOU considère que les entreprises de construction innovantes seront les gagnantes de demain. Toutefois, la technologie BIM ne peut à elle seule digitaliser l’ensemble de l’économie. Elle est seulement une partie de la stratégie globale du Marché Unique Digital. Enfin, M. COZIGOU a exprimé sa satisfaction concernant la bonne avancée des activités de normalisation relative au BIM au niveau européen.


Adam MATTHEWS (Président du Groupe de travail européen sur le BIM)
a mis en évidence la faible productivité du secteur de la construction depuis ces dernières années. Il considère que le BIM est une opportunité pour le secteur pour accroître sa productivité. De plus, étant donné que l’argent des marchés publics provient des citoyens, les décideurs ont une responsabilité dans la lutte contre les gaspillages. La Commission européenne a chargé le Groupe de travail européen sur le BIM de monter un réseau européen. L’objectif de ce groupe de travail est de concevoir un guide contenant les principes communs aux décideurs et acheteurs publics à prendre en compte lors de la mise en place du BIM dans leurs travaux ou stratégies. La digitalisation du secteur peut attirer un plus grand nombre de jeunes dans le secteur. Le BIM exige un changement des mentalités et la création d’un réseau qui pourra être utile à cet objectif.


Alejandro NUÑEZ (Directeur technique de IMC)
a présenté des projets de construction en Espagne faisant usage des outils BIM et des nouvelles technologies. Il a souligné l’importante valeur-ajoutée de ces outils pour les projets de rénovation dans des quartiers densément peuplés où la coordination et le timing des différents corps de métiers de la construction sont essentiels.

N’hésitez pas à nous contacter pour obtenir la présentation de Alejandro NUÑEZ : secretariat@ebc-construction.eu

 

Ignasi PÉREZ ARNAL est le directeur du European BIM Summit et le co-fondateur de la BIM ACADEMY, un institut créé pour répondre aux besoins émergents de nouveaux procédés dans la construction. Selon lui, les gens ne devraient pas être inquiets des outils BIM car ils permettent de rendre accessible toute l’information pertinente de façon numérique. Il a cependant indiqué que les PME sont les premières affectées, car elles manquent de formation à cette technologie.

 

Ignasi Pérez Arnal a animé le débat entre Bertrand Delcambre, Francesco Ruperto, Lutz Koppen, Patrick Liébus, Adam Matthews et Alejandro Nuñez.

Bertrand DELCAMBRE (Ambassadeur français du plan de transformation digital pour le bâtiment) a présenté les mesures du gouvernement français pour promouvoir la digitalisation du secteur, notamment le plan de transformation digital des bâtiments. L’objectif de ce plan est de stimuler le secteur de la construction, en particulier pour les petites entreprises. Le plan a démarré en Janvier 2015 avec un budget de 20 millions d’euros. Il comprend trois priorités : 1) accroître l’intérêt pour la digitalisation 2) mettre à niveau les compétences des petites entreprises 3) donner confiance aux entreprises. Pour se faire le rôle de la normalisation est essentiel. Il a expliqué que les deux tiers des petites entreprises françaises reconnaissent la nécessité de digitaliser leurs services et la moitié indiquent un besoin de formation. Au niveau national il y a encore beaucoup à faire pour adapter la formation aux petites entreprises.

Francesco RUPERTO (Coordinateur scientifique du Master BIM de l’Université La Sapienza) a déclaré que si les PME considèrent que le BIM est stratégique, ils doivent investir et s’impliquer. Cependant, sensibiliser les PME de la construction est fondamental. En Italie, cette approche n’est pas suffisamment développée. Il a indiqué qu’en Italie le BIM est plutôt utilisé dans le cadre des travaux de rénovation que pour les nouvelles constructions. Depuis l’adoption du nouveau règlement sur les marchés publics en Italie, les décideurs publics ont la possibilité d’inclure l’usage du BIM parmi les critères de sélection. Cela va permettre que la transition entre les marchés publics traditionnels et ceux utilisant le BIM se fasse de façon harmonieuse. En outre, le système de formation au BIM pour les petites entreprises doit être renforcé. Il y a un fort enthousiasme en Italie pour l’usage du BIM, mais toujours un manque important de coordination. Un forum technique pour la formation réunissant les parties prenantes concernées existe déjà mais il n’est pas encore établi de façon formelle.

Lutz KOPPEN (Conseiller de la DG GROW de la Commission européenne) a expliqué que la directive sur les marchés publics promeut la mise en place de marchés publics électroniques. Cependant, elle ne précise aucune obligation concernant l’usage du BIM, sauf dans le cas où certaines conditions sont remplies – parmi lesquelles la disponibilité des outils BIM. La Commission préfère une approche axée sur le marché, car la mise en place du BIM est possible même sans recours à l’obligation.