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Congrès annuel 2015 d’EBC

25 ans après la création d’EBC : quels défis pour le futur des PME de la construction en Europe ?

Le 19 juin 2015, EBC a tenu sa conférence annuelle à Genève grâce à l’organisation de ses membres suisses, la Fédération genevoise des métiers du bâtiment FGMB, la Fédération vaudoise des entrepreneurs FVE et la Fédération romande des métiers du bâtiment FRMB.

En matinée, la conférence a été centrée sur le modèle économique suisse comme un possible exemple à suivre par d’autres pays européens. Le débat a couvert le rôle de l’Etat pour la promotion économique, la liberté d’entreprise dans le cadre du partenariat social et le modèle suisse d’éducation et de formation.

Le sujet de l’après-midi a été l’inclusion des femmes et des jeunes dans les métiers du bâtiment. La conférence a exploré les différentes manières d’atteindre cet objectif, tel que l’apprentissage et le rôle des partenaires sociaux. La conférence a débouché sur certaines conclusions et sur un engagement des membres d’EBC visant à rendre le secteur plus inclusif.

Ce Congrès annuel a eu lieu au centre de formation de Pont Rouge qui a été crée en 2012 par la FGMB comme un outil de promotion des métiers du bâtiment. Dans ces lieux, la FGMB organise des formations initiales et sur le terrain, des cours de santé et sécurité et la réintégration professionnelle des personnes handicapées. Le bâtiment est également un exemple intéressant de durabilité et d’efficacité énergétique.

Patrick Liébus, Président d’EBC, a souligné les réussites obtenues par EBC tout au long de ses 25 années d’existence, tout en rappelant néanmoins aux participants que le secteur souffre toujours de la crise. Il a poursuivi en expliquant qu’actuellement l’Europe fait face à un défi démographique étant donné que la population active commence à vieillir tandis que les jeunes ont du mal à la remplacer. De plus, l’Europe voit également une sous-représentation chronique de femmes actives. Parmi ses diverses actions, EBC a présenté un projet pour améliorer la participation des femmes dans le secteur de la construction et a également signé une promesse d’apprentissage dans le contexte de l’Alliance européenne pour l’apprentissage qui vise à s’attaquer à ce problème.

Le député français Etienne BLANC a mentionné que la France pourrait proposer des solutions à la crise du secteur de la construction. Il a expliqué que le département français de l’Ain a connu une augmentation de 25%de sa population au cours des 10 dernières années, principalement en raison de l’immigration, et que la création d’entreprises y a été plus élevée que la moyenne nationale en France. Il a néanmoins ajouté que le flux migratoire et la proximité de la Suisse ont également des désavantages, raison pour laquelle il est nécessaire d’institutionnaliser le dialogue entre la France et la Suisse pour combler ce fossé.

Session du matin – le modèle économique suisse : un exemple à suivre

Le conseiller d’Etat du canton de Vaud Philippe LEUBA a souligné que tandis que la zone euro voit la moyenne du chômage des jeunes tourner autour des 23%, la Suisse ne voit que 2,9% de sa population jeune (moins de 25 ans) sans emplois. Les autorités de la région de Vaud luttent contre le chômage des jeunes à travers des programmes d’enseignement et formation professionnels basés sur la formation en situation. De cette manière, le chômage est minimal et la pression financière sur le système de sécurité sociale réduite.

 

Le Directeur général de la Fédération des entreprises romandes Blaise MATTHEY a mis en avant le partenariat social comme un outil central pour la résolution des problèmes liés aux conditions de travail en Suisse, comme le dumping social. Le dialogue social n’est pas centralisé en Suisse. Par ailleurs, il a expliqué l’importance de la « flexisécurité » pour le succès du modèle économique suisse, tout en soulignant que la liberté d’entreprise et le dialogue social ne sont pas seulement compatibles mais bien complémentaires.

Jean-Pascal LÜTHI (Directeur adjoint et Chef de la division Enseignement et Formation professionnels au Secrétariat d’Etat pour l’Education, la Recherche et l’Innovation SEFRI) a présenté le système d’éducation professionnelle en Suisse. Les systèmes académiques et professionnels sont très perméables : il est assez facile pour les étudiants de passer d’un système à l’autre. En Suisse, le pourcentage des jeunes qui suivent une formation professionnelle augmente depuis 2003, avec plus de 70% des jeunes qui entrent dans le système d’EFP, notamment grâce à une forte structure dualiste. Cependant, en raison de la persistance de la perception selon laquelle l’éducation professionnelle n’est pas bonne, le SEFRI est maintenant focalisé sur l’amélioration de l’orientation professionnelle pour les jeunes.

Session de l’après-midi – la mixité : les jeunes et les femmes dans le secteur de la construction 

Le Secrétaire Général d’EBC, Riccardo VIAGGI a introduit la session de l’après-midi en partageant quelques données sur la participation des femmes et des jeunes dans le secteur de la construction en Europe et dans différents Etats membres. Il a ainsi fait part du fait que la participation féminine dans la construction s’élève aux alentours de 10% de la population active totale du secteur, tandis que seulement 8% des personnes actives dans le secteur est âgé de moins de 25 ans. Vu le contexte, EBC a décidé de lancer des actions pour faire face à ces défis.

Françoise GENG (Présidente de la section « Travail et Emploi » du Conseil Economique, Social et Environnemental français CESE) a présenté l’opinion du CESE sur la mixité professionnelle en France, dont le rapporteur était le Président d’EBC M. Patrick Liébus en 2014. En France, 13 secteurs sur 87 sont considérés comme « mixtes », ce qui veut dire que le pourcentage de travailleurs du même sexe est équilibré entre les 40% et 60%. L’opinion recommande quatre actions : combattre les stéréotypes sexistes, encourager les associations professionnelles à s’engager volontairement, encourager un rôle plus actif de l’Etat et améliorer les conditions de travail à travers l’égalité des sexes.

Le conseiller de la Commission européenne Johan TEN GEUZENDAM (direction Egalité, DG Justice et consommateurs) a expliqué que, bien que l’UE ait fait des progrès significatifs lors des dernières décennies, l’écart hommes-femmes persiste ; sur le marché du travail, les femmes sont toujours surreprésentées dans les secteurs mal rémunérés et sous-représentées dans les postes décisionnels. La stratégie pour l’égalité hommes-femmes constitue le programme de travail de la CE sur l’égalité des genres pour la période 2010-2015. Il a souligné l’importance de l’équilibre vie-travail pour que plus de femmes travaillent ; il a ajouté que les employeurs ont la responsabilité de rendre leur secteur plus attractif pour les femmes.

Madi SHARMA, membre du Comité économique et social européen et entrepreneuse, a insisté sur le fait que les femmes n’ont pas besoin d’arrangements particuliers mais bien de conditions égales. Elle a partagé certaines des majeures difficultés auxquelles font face les femmes qui désirent être entrepreneuses. Par exemple, les banques prêtent moins souvent à des femmes qu’à des hommes, qui plus est à des taux d’intérêt plus élevés. Elle a souligné l’importance de promouvoir l’inclusion des femmes depuis Bruxelles, en ajoutant que cette problématique n’est pas suffisamment traitée. Selon elle, des modèles de référence démontrant les possibilités qu’ont les femmes de devenir entrepreneurs sont nécessaires. Elle a félicité EBC pour son initiative.

La Présidente de la Commission des conjoints d’artisans Catherine FOUCHER a expliqué le rôle de cette commission crée en France par la CAPEB, un des membres français d’EBC. 60% des épouses de micro-entrepreneurs travaillent au sein de la même entreprise, auprès de leurs conjoints, avec un réel rôle économique dans la firme. La Commission nationale des conjoints d’artisans travaille sur toutes les thématiques liées aux épouses de micro-entrepreneurs de la construction et promeut la mixité au travail. Elle a également présenté la compétition que la CAPEB organise depuis de nombreuses années intitulée « Conjuguez les Métiers du Bâtiment au Féminin ».

La conseillère juridique de la Commission européenne Arantxa HERNADEZ ANTUNEZ (DG Marché intérieur, industrie, entreprenariat et PME) a présenté les initiatives de la CE en matière d’apprentissage, en particulier l’Alliance européenne pour l’apprentissage. Elle a également expliqué que la DG GROW est entrain d’encourager une approche sectorielle pour la construction au sein de l’Alliance, tout en reconnaissant qu’EBC a très rapidement pris des engagements quant à promettre d’améliorer la qualité, l’image, la disponibilité et la mobilité de l’apprentissage. En complément, elle a présenté le concours vidéo que la DG GROW a lancé pour attirer de jeunes talents vers le secteur de la construction.

Le haut responsable de BZB Frank BERTELMANN-ANGENENDT a présenté le système d’éducation et formation professionnels allemand. Selon lui, une des dimensions fortes du système est qu’il est ouvert à tous (il n’y pas de seuil pour y entrer) ; chaque apprenti a un contrat avec une société et de réelles responsabilités qui lui permettent d’apprendre de manière pratique comment fonctionne une entreprise. C’est pourquoi le système est orienté sur la vie en entreprise, avec une légère formation théorique mais une solide expérience pratique ; l’éducation est plus basique et large (pas aussi spécifique qu’au Royaume Uni par exemple) avec un fort accent mis sur la qualité du travail et la compétitivité.